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L'âne de Balaam sage

LISTE DES IGOD

Nombres 22 :21-35 (Nombres est le quatrième livre de la Bible, Genèse, Exode, Lévitique, et juste après, c’est Nombres) 

A quoi sert un âne ?  Pour Balaam, c’est un moyen de locomotion, au lieu de marcher, il se fait porter.  Le livre des Nombres ne nous dit pas si Balaam était lourd à porter, mais l’histoire précise que l’âne était d’habitude docile (v.30).  Quelques points à méditer sur cet âne…

Le premier point de cette histoire, c’est que Balaam ne voit pas le danger, c’est l’âne qui le voit.  L’âne n’est pas celui qui dirige, l’âne est dirigé par Balaam, mais l’âne est capable de voir ce que parfois on ne voit pas.  L’âne est plus perspicace que le maître !  Voilà de quoi nous faire réfléchir aux relations qu’on peut entretenir.  La sagesse se cache parfois chez les personnes qu’on n’imagine pas ! 

Le deuxième point est que l’âne est celui qui supporte Balaam sur le chemin.  Nous aussi avons dans notre vie des personnes qui nous supportent (financièrement, amicalement, spirituellement…) et parfois, il peut nous arriver de négliger un peu l’opinion de ces personnes, surtout s’il s’agit de nos parents. 
Or, ceux qui nous portent peuvent parfois avoir des réactions incompréhensibles et inhabituelles (pourquoi l’âne d’un coup s’en va dans le champ, retardant Balaam dans son voyage ?).  Une réaction est de mépriser les conseils, de « frapper » l’âne qui nous éloigne de là où on veut se rendre.  Une autre serait de se demander ce qui provoque ce changement étonnant d’habitude.

Un troisième point, c’est justement lorsque nous nous trouvons dans la situation de l’âne.  Nous « portons » quelqu’un, et la personne a une réaction incroyable : on lui évite de se faire tuer et elle nous tape dessus ! (pas seulement avec un bâton, des paroles suffisent amplement).  D’où grosse incompréhension entre l’âne et sa monture, puisque l’un voit quelque chose que l’autre ne voit pas encore.

Un quatrième point : au début, l’ange se place sur un chemin où il y a de la place à droite et à gauche.  L’avertissement est léger, l’âne esquive l’ange facilement.  Puis, l’ange se place sur une voie large, mais deux murs limitent les solutions de sortie de l’âne.  La seule solution que l’âne trouve implique que Balaam soit blessé à la jambe.  Enfin, l’ange attend Balaam là où il n’y a aucune issue de secours.  C’est comme un entonnoir, l’ange ne peut plus être évité. 
L’âne se couche, si Balaam veut continuer vers sa perte, il ira tout seul, l’âne a fait tout ce qu’il pouvait « humainement » parlant.  C’est au tour de Dieu d’agir, l’âne se met à parler, et Balaam (qui n’a même pas l’air étonné d’entendre un âne parler tellement il est en colère) réalise d’un coup qu’il a échappé à la mort.  Quand Balaam écoute son âne, il comprend.

Vous avez bien compris que nous sommes à la fois l’âne et Balaam.  Tous les chemins de la vie ne nous conduisent pas forcément à un ange avec une épée, mais l’âne (il s’agit même d’une ânesse) me rappelle qu’il faut apprendre à se faire confiance mutuellement, s’écouter, et faire confiance à Dieu quand tout ce qui est humain a été tenté.

Etre un âne peut être un signe de sagesse.

vingt-et-onze ansValérie R



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