
Sous mes fenêtres, il y a un chantier. Il y en a partout : la terre est retournée, les cailloux sont remontés, il y a un énorme trou au milieu, des grilles sensées protéger le site sont renversées, et il y a des palettes de matériaux étalées, à moitié ouvertes. Dans un coin, des dalles sont posées, et sur une pancarte, un dessin montre le résultat final, dans 2 ou 3 ans de travaux...c'est pas gagné...
Notre vie ressemble à un chantier. A notre naissance, nous héritons d’un terrain à bâtir, puis nos parents nous donnent avec leur éducation des matériaux de construction (des valeurs), des outils (des règles de vie), et des plans d’architecte (leur manière de voir la vie).
Ensuite, on se débrouille tout seul avec ce qu’on apprend de la vie.
La Bible nous parle de chantier. « Pourquoi m’appelles-tu « Seigneur, Seigneur ! » et tu ne fais pas ce que je dis ? Je vais te montrer à qui ressemble celui qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique : il est comme un homme qui s’est mis à bâtir une maison, il a creusé profondément la terre et a posé les fondations sur le roc. Quand l’inondation est venue, les eaux de la rivière se sont jetées contre cette maison, mais sans pouvoir l’ébranler car la maison était bien bâtie » (Luc 6 :46-48).
Jésus nous dit qu’il faut construire sa maison sur le roc, pas sur le sable, et creuser des fondations solides et sûres. Il est très concret. La parabole commence en expliquant comment creuser ces fondations : en mettant en pratique ce que Jésus a enseigné, donc ce que dit la Bible. Il faut creuser en profondeur et aimer Dieu (et être en relation avec Lui), creuser en largeur et aimer les autres (tous les autres:), et enfin creuser en longueur et devenir une meilleure personne.
Des fondations simples, qui permettent de bâtir sa vie sur du solide. Si on les néglige, ou si on ne creuse qu’un sens, la maison ne tiendra pas debout et tous les efforts de construction se termineront en gravats. Dieu nous invite à creuser ces fondations tout au long de notre vie, car plus nous construisons de choses, plus les fondations doivent être en rapport avec ce qui est construit dessus. Et une maison doit être entretenue en permanence, sinon elle s’abîme.
Ce chantier va durer notre vie, avec l’opportunité de défaire ce qui n’est pas beau ou réussi, et de recommencer. C’est l’effet de la grâce de Dieu et de son pardon.
(Entre nous, pour votre chantier, je voudrais simplement vous laisser ce plan suivant : « Mais votre Père sait que vous en avez besoin. Faites donc plutôt du règne de Dieu votre préoccupation première, et ces choses vous seront données en plus » Luc 12 :30-31 et l'ensemble du passage).
Notre église ressemble à un chantier aussi. Une image courante la décrit ainsi : Jésus en est la fondation, la pierre d’angle sur laquelle repose l’ensemble, et les membres de l’église sont des pierres vivantes qui composent les murs (1 Corinthiens 2 :11 ; 1 Pierre 2 :4-6).
Très important : les murs ne sont pas fait de briques ou de parpaings, de même taille et de même couleur. Chaque chrétien est différent et les pierres du mur seront longues ou courtes, larges ou fines, régulières ou bosselées, grises ou roses…et tout tient debout parce qu’on repose sur la fondation indispensable : Jésus.
Avec toutes ces pierres différentes qu’il faut faire tenir debout, le chantier ne s’arrête jamais dans l’église. Chacun apporte ce qu’il veut, chacun en retire ce qu’il veut. Les pasteurs doivent ordonner et coordonner cette construction perpétuelle. Le résultat final ne dépend pas du pasteur, mais de ce que nous apportons, individuellement, à la construction.
Comme c’est un chantier, les choses ne sont jamais parfaites non plus, et elles ne sont jamais figées. Une pierre qui en porte beaucoup trop risque de se fendre : aux autres pierres de lui venir en aide pour répartir le poids. Une deuxième qui ne se sent pas à sa place devrait peut être changer de mur plutôt que de tomber par terre et ne plus rien faire… Une troisième pierre se demande ce qu’elle fait là, et elle ne voit pas qu’elle fait parti d’un ensemble et que si elle manque, il y aura un trou dans l’église !
Faire parti d’une église est indispensable à notre propre construction. Se retrouver entouré de pierres très différentes est une cause de friction, mais Paul nous invite à tout faire avec amour (1 Corinthiens 16 :14), ce qui forge le caractère (!) et rend notre maison personnelle plus belle et plus solide. En cas de difficultés, être entouré par les autres pierres nous aide à tenir bon, et à ne pas nous écrouler : nous faisons parti d’un ensemble solide.
Dieu est là. Si ta vie ne semble être qu’un tas de gravats, il a un plan pour toi qui va fonctionner. Creuser, ça prend du temps et demande de l’énergie. Le résultat en vaut la peine. Et l’église, aussi imparfaite ou peu adaptée qu’elle paraît parfois, est l’endroit où Dieu te place pour tenir bon. Alors n’hésite pas, ta vie peut ressembler à tes rêves les plus fous si seulement tu comprends ces mots de Jésus :
« Pourquoi m’appelles-tu « Seigneur, Seigneur ! » et tu ne fais pas ce que je dis ? Je vais te montrer à qui ressemble celui qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique : il est comme un homme qui s’est mis à bâtir une maison, il a creusé profondément la terre et a posé les fondations sur le roc. Quand l’inondation est venue, les eaux de la rivière se sont jetées contre cette maison, mais sans pouvoir l’ébranler car la maison était bien bâtie » (Luc 6 :46-48).
Valérie R