
Un de ces jours-là, pendant que Jésus enseignait le peuple dans la cour du *Temple et lui annonçait la Bonne Nouvelle, les chefs des prêtres survinrent avec les spécialistes de la Loi et les responsables du peuple et ils l'interpellèrent en ces termes:
---Dis-nous de quel droit tu agis ainsi. Ou bien, qui est celui qui t'a donné ce droit?
---Moi aussi, j'ai une question à vous poser, répliqua Jésus. A vous de répondre: de qui Jean tenait-il son mandat pour baptiser? De Dieu ou des hommes?
Ils se mirent à raisonner entre eux: Si nous disons: «De Dieu», il va nous demander: «Pourquoi n'avez-vous pas cru en lui?» Mais si nous répondons: «Des hommes», tout le peuple va nous tuer à coups de pierres, car ces gens-là sont tous convaincus que Jean était un prophète.
Ils répondirent donc qu'ils ne savaient pas d'où Jean tenait son mandat.
---Eh bien, répliqua Jésus, moi non plus, je ne vous dirai pas de quel droit j'agis comme je le fais.
Quelle drôle d'histoire... Mettons-nous dans la position des pharisiens. Ils représentent l'autorité, les défenseurs de la loi de Moïse qu'ils appliquent à la lettre. Depuis quelques mois, cet agitateur, Jésus, parle comme si Dieu s'était rapproché des hommes alors que ces hommes savent bien que Dieu ne peut être atteint qu'en obéissant scrupuleusement à des règles.
Donc ces pharisiens s'inquiètent car ce Jésus prend leur place ; peut-être même veut-il fonder une nouvelle secte avec les disciples qui parcourent la campagne. L'institution religieuse est en danger, il faut la sauver.
La question est un piège : Jésus ne peut pas s'en sortir. Ce n'est pas la première fois qu'ils essaient de le coincer mais là, la situation s'aggrave : Jésus est à Jérusalem et il enseigne tous les jours le peuple dans le Temple ! Il faut que cela cesse.
Mais Jésus ne se confronte pas à eux directement. Il refuse d'entrer dans leur jeu. Il pose seulement une autre question, le poids de la tradition contre le poids d'un vécu, celui peu ordinaire de Jean-Baptiste. Les pharisiens sont alors coincés puisqu'ils ne venaient pas vers Jésus pour réfléchir mais pour le coincer, prouver qu'ils avaient raison. Ils ne peuvent pas répondre.
En fait, Jésus aurait pu devenir un de ces pharisiens pour amener son message d'amour. Il serait devenu le plus célèbre des rabbins, sans aucun doute. Pourquoi n'a-t-il pas choisi de se faire reconnaître par son institution ? Peut-être pour dénoncer et se rapprocher des gens qui étaient exclus, jugés, empêchés de s'approcher de Dieu à cause des règles imposées par les pharisiens.
Jésus n'est pas religieux. Il est venu pour aimer et sauver. La religion est une coquille vide si on exclue la présence d'un Dieu aimant. Les règles sont nécessaires, mais Jésus sauve d'abord avant de demander aux hommes de ne plus pécher. Il ne faut pas faire les choses à l'envers !
Notre salut ne dépend pas de ce que l'on fait ; il dépend de notre foi en Jésus pour nous sauver.